© 2023 by IN Studio. Proudly created with Wix.com

 

  • b-facebook
  • Twitter Round
  • b-googleplus

L'Ecole au service de la publicité

July 5, 2018

Pour commencer les vacances, alors que les portes des écoles se ferment pour deux mois, je vous propose  un petit tour parmi les publicités consacrées à l'école et, plus précisément, celles qui mettent en scène l'enseignant à son bureau devant le tableau noir. Les publicitaires ont utilisé le décor familier de la classe pour faire passer des messages à destination des écoliers, mais aussi le plus souvent, pour des produits très éloignés des considérations scolaires.

 

Contrairement à certaines idées reçues actuelles, les écoliers du passé n'étaient pas tous sages et respectueux. Dans le chromo ci-dessous un écolier fait le pitre et dissipe toute la classe sous les yeux du maître qui va sûrement sévir.

 Chromo publicitaire fin 19e siècle

 

Malgré quelques chenapans, vite repérés, le maître d'école est dès la création de l'école obligatoire à la fin du 19e siècle, investi d'une autorité qui n'est pas contestée . Il représente le savoir et  d'une certaine façon la République  dans les villes et surtout dans les villages. Il est souvent secrétaire de mairie, animateur et organisateur d'activités péri-scolaires. C'est une figure familière dont les publicitaires du passé se sont servis pour vanter toutes sortes de produits. La mise en scène est simple : devant quelques élèves au premier plan, le maître, en position dominante sur son estrade, une règle à la main, désigne un slogan, une marque ou un objet représentés sur un tableau noir réel ou fictif.

 

Il existe de multiples variantes de ce modèle. Les produits mis en valeur sont très disparates  et, le plus souvent, loin des préoccupations enfantines. Voici un vénérable maitre montrant à des écoliers subjugués la répartition territoriale des usines de production des engrais de Saint-Gobain.

 

Carte publicitaire des Engrais chimiques des Manufactures de Saint-Gobain, début 20e siècle

 

 

Quelques années plus tard, un fringant instituteur, jeune et bien habillé, fait la réclame pour l'Antiglairine Veldalice devant des écoliers rigolards  qui  ont l'air au courant de l'intérêt de ces grains mortigènes.

 

 

 

Protège-cahiers Veldalice, années 20

 

 

Les buvards sont des supports privilégiés pour ces publicités.  En voici un à la gloire de l'entraide coopérative du début des années 50 quand ce mouvement se développe dans les domaines de la consommation et des loisirs. Le dessin représente deux scènes de la vie quotidienne : la salle de classe et l'épicerie qui encadrent le monde rêvé et idéal de l'entraide coopérative, où des enfants dansent, éclairés par un soleil rayonnant. Cette construction reprend, dans une perspective laïque, le mode de représentation de la vie terrestre et de l'au-delà utilisé dans l'imagerie religieuse.

 

 Buvard de l'entraide coopérative, années 50

 

Dans les années 1950, ces publicités évincent parfois l'enseignant, surtout quand il s'agit de réclames destinées à un public féminin. L'infantilisation est alors de mise. Sur cette publicité Grosfillex, une fillette, dans un décor approximatif, fait la leçon à des petites camarades pendant qu'un garçon se roule par terre. Grosfillex était spécialisé dans les  seaux et cuvettes en matière plastique destinés au ménage. Ce genre de publicité n'est cependant pas courant et ne perdure pas.

 

Publicité Grosfillex, années 50

 

 

Dès le début de l'école obligatoire en 1881, les femmes ont été tout de suite présentes dans les salles de classes, mais elles n'apparaissent pas dans les anciennes publicités, sans doute ne sont-elles pas jugées  assez légitimes pour prescrire un produit. Il faut attendre les années 1960 pour  voir  apparaître des institutrices. Celle de la publicité suivante fait la promotion de son tablier, qui est tout à fait similaire à celui des  ménagères de l'époque. On est loin d'une situation prestigieuse. Institutrice, ménagère même combat.

 

Publicité pour Blousenyl Nylfrance, Modes et Travaux  1964

 

 

 D'ailleurs, les institutrices sont des petites choses fragiles et doivent être épaulées. Dans la petite BD suivante, une jeune femme, qui ne parvient pas à venir à bout de ses élèves, reçoit le soutien avisé d'une collègue plus âgée.

 

Publicité Viandox, Modes et Travaux 1965

 

Dans les journaux féminins, l'institutrice n'a pas de chance. Elle promotionne absolument n'importe quoi. On la voit ici à l’œuvre pour bourrer le crâne de ses élèves sur les mérites de la consommation de frites préparées à la Végétaline. A noter les schémas absurdes au tableau.

 

 Végétaline, Modes et Travaux, 1969

 

Un sommet de bêtise est facilement atteint par les publicitaires, pour lesquels école et ménage sont synonymes, dans cette réclame pour un produit de nettoyage. Deux équipes d'une école ménagère s'affrontent devant un public féminin survolté à celle qui finira de laver sa porte en premier.

 

 Publicité Spic, Modes et Travaux, septembre 1966

 

Quand les problèmes deviennent sérieux, c'est à un homme que l'on fait confiance. Les mathématiques modernes, qui devaient permettre un apprentissage raisonné de la matière, ont déconcerté de nombreux adultes et enfants dans les années 70/80. Un instituteur, décontracté, proche de l'enfant, c'est nouveau, mais compétent va tirer d'affaire un malheureux écolier perdu dans les schémas.

 Eurovox, cours de mathématiques par correspondance, Modes de Paris, 1976

 

Après les années 60 les publicités mettant en scène le maître ou la maîtresse prescripteurs disparaissent. On ne représente plus directement l'école, mais plutôt des enfants en situation de jeux ou de la vie quotidienne. C'est sans doute parce que les enseignants sont descendus de leur piédestal, ou plutôt de leur estrade et que la société se tourne vers d'autres prescripteurs, plus prestigieux.

 

 

 

 

Please reload

Featured Posts

L'Ecole au service de la publicité

July 5, 2018

1/9
Please reload

Recent Posts

June 23, 2017

November 15, 2016

Please reload

Follow Us
Search By Tags