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Vendre malgré tout : le catalogue hiver 1943/1944 des Galeries Lafayette

March 15, 2015

Le catalogue été 1937 des Galeries Lafayette compte 176 pages, la couverture est en couleur. Celui de l'hiver 1943 n'a que huit pages, la couverture est en noir et blanc.

 

 

 Se nourrir et se vêtir sont devenues des tâches très compliquées pendant l'Occupation. Les produits manquent ou se font rares. Le marché est encadré et organisé par un système de cartes  et de points qui  permettent d'acheter. Chacun a des cartes d'alimentation, de textile, de chauffage, qui donnent des droits selon le sexe, l'âge, le métier ou l'état (femmes enceintes ou allaitant) délivrées par la mairie du lieu d'habitation.   Il arrivait que les fournitures manquent et les points  ne pouvaient être utilisés. Le système, très complexe, repose sur les commerçants qui collectent les points et vérifient les cartes. 

 

 Carte de vêtements et d'articles textiles délivrée par la mairie du Xème arrondissement (collection personnelle)

 

 

Le catalogue tient compte de ces restrictions. Les trois robes présentées en couverture sont vendues contre des points de la carte textile. Il faut un bon de la mairie pour acheter le manteau de ville. Le manteau de fourrure est en vente libre. On utilise beaucoup les peaux de lapin pour la fourrure et la feutrine.

Les robes  présentées sont en rayonne, un textile de substitution produit à partir de la cellulose. Cette fibre a été très utilisée pendant la guerre. Elle ne possédait pas les qualités thermiques de la laine. Seuls quelques matériaux textiles étaient en vente libre : les rubans, le tulle, la fourrure, la feutrine.

Les chapeaux ne sont pas à vendre. Les femmes utilisaient les matériaux non contingentés pour créer des coiffures très élaborées ou des turbans.

 

 

 

Les chaussures sont un exemple de la complexité du système de points :  il faut des points ou des bons  qui ne sont valables que pour un type de chaussure précis : sur ces quelques modèles, on a des souliers "fantaisie", "pantoufles", "usage ville" et "galoches". Inutile de présenter un bon "pantoufles" pour acheter des chaussures "fantaisie"! A noter que tous les modèles ont des semelles de bois crantées pour faciliter la marche car le cuir manque. Seules les pantoufles en lapin ou feutrine sont en vente libre.

 

 En juin et octobre 1942 la détentrice de la carte a reçu un bon pour des chaussures "fantaisie" et un autre pour des "pantoufles", délivrés par le Service de la Chaussure de la Mairie du Xème arrondissement.

 

 Semelle de bois pour chaussure de marche femme (collection personnelle)

 

Il faut noter que les prix ont énormément augmenté. La même paire de galoches, avec semelle cuir, coûte en 1937 : 42 Francs et en 1943 : 141 francs. Une robe en rayonne pour dame, vaut en 1937 : 110 francs et en 1943 : 720 francs pour la moins chère. Un costume de golf pour jeune homme, comprenant une veste et un pantalon taille 16 ans, coûte en 1937 : 195 francs. Il faut débourser 749 francs pour un costume semblable en 1943.

 

Les difficultés iront en s'accentuant et la situation empirera  après la Libération pour ne revenir à la normale qu'à la fin des années 40. Les premiers catalogues de vente généralistes réapparaitront en 1948, comme le catalogue Manufrance.

 

 

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